Tout au long du sentier où ils se sont aimés,
Où leurs pas se sont envolés vers des cieux dorés,
Ils retrouvent aujourd'hui l'odeur de ces fleurs flétries,
Le goût d'amour qui reste, sur les lèvres encore l'envie.
C'est l'aube d'un nouveau jour et il l'appelle encore amour,
Il demeure dans ses yeux, se nourrit de son sourire
Et boit tous ces souvenirs pour dessiner son contour.
Il s'habille de ses doux gestes, de sa voix et ses soupires
Même si la vie lui dit qu'elle n'est plus, qu'il faut fuir
De son c½ur qu'il fait manteau pour se couvrir
Et ces battements en délire sont la clé de leur secret,
De l'éternelle souffrance qu'était la joie sans arrêt.
C'est l'aube d'un nouveau jour et elle l'appelle encore amour.
Il ne sera jamais passé, jamais quelqu'un qu'on peut oublier,
Jamais comme personne, elle ne pourra le comparer
Mais chaque nuit il est la lune qui avec elle attend le jour.
Elle nie de vivre dans l'ombre de leur histoire déchirée
Et croit ne plus rechercher ses mains dans le mystère
De ses rêves brûlés par l'esprit des gens amers,
Pourtant ne s'éteint pas la lueur en son âme allumée.
C'est l'aube d'un nouveau jour et il l'appelle encore amour,
Elle l'entend à son réveil, dans le sommeil où elle est mourante
En le sachant pleurer, malgré elle prie pour lui sans détour
Pour que Dieu transforme les gouttes de ses larmes en étoiles filantes.
L'effluve de leurs peaux devenait ce parfum perdu
Dans l'air du temps qui les a séparés, soudain dans la rue
Elle a été enveloppée par les feuilles mortes qui ont caressé ses doigts,
Ces feuilles jaunes la renvoyaient vers la chaleur de ses bras.
C'est l'aube d'un nouveau jour et elle l'appelle encore amour.
Elle a retrouvé ses mots cachés dans une boîte de coquillages
Qui la faisaient marcher sur les vagues de la mer sauvage
Lorsque l'eau se brisait et un baiser les rendait sourds.
Maintenant que les éclats de rire ne sont plus que larmes,
Que le paradis où ils habitaient s'est changé en enfer,
À présent que l'immense bonheur est un profond drame
Et qu'à la mort de leurs c½urs il n'y a pas de repère
C'est un journal désormais vidé de ses plus belles pages
Qui laisse murmurer deux âmes amoureuses en cage.
Mais la guerre contre le destin ne peut pas les éloigner pour toujours
Parce que à l'aube d'un nouveau jour ils s'appellent encore amour.
Hirondelle 30.10.09